IRAN: au-delà des clichés ! | |
La catastrophe
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A 200 kilomètres au sud-est de Kerman, la route part à travers le désert vers le Pakistan. Etape mythique sur la Route terrestre des Indes, Bam s’offre au voyageur comme une vaste oasis de verdure et de fraîcheur à la lisiére de l’impitoyable Kevir-e-Lout (le désert nu). Ses rues bordées de nombreux palmiers-dattiers et d’eucalyptus, donnent un petit parfum de « sous-continent » dont la cité bamie n’est distante que de 300 kilomètres. Probablement fondé au début de notre ère par les Parthes dans un but à la fois commercial et défensif (sur la route du Baloutchistan et de l’Inde), Bam fut doté de qanats en nombre important, permettant le développement des cultures, notamment de dattes, fort réputées. En ville-frontière, elle fut équipée d’une imposante citadelle en pisé, s’étalant sur près de 20 hectares, aménagée et agrandie selon les époques. Au XX° siècle, elle fut avec Persépolis le lieu à ne pas manquer pour les voyageurs de passage en Iran. Hélas, après avoir résisté à l’assaut du temps durant deux longs millénaires, il n’aura fallu que quelques secondes pour réduire à néant le joyau des déserts iraniens. Le 26 décembre 2003 au matin en effet, un tremblement de terre majeur secoua la province du Kerman et le Sistan. L’antique cité de terre disparut dans les sables qui l’avaient vue naître... Le quart de la population de la cité, soit 26 000 personnes, mourut durant cette catastrophe. Les rigueurs de l’hiver qui commençait achevèrent alors de ruiner la région.
Aujourd’hui, la ville a tenté de se relever. La citadelle fut classée par l'UNESCO dès après la catastrophe au Patrimoine Mondial de l'Humanité en danger. L’entrée du site de l'Arg-e-Bam est libre, mais malgré l’impression intense de traverser une ville qui aurait été inlassablement bombardée, la citadelle garde une majesté et une profondeur stupéfiantes, qui méritent largement de faire le chemin jusque là pour être ressenties ! La grandiose cité de pisé ne sera jamais reconstruite. Depuis 4 ans, les autorités se bornent à consolider ce qui peut l’être, en ayant le vague projet de rebâtir différents pans de la citadelle. Mais ce n’est plus depuis longtemps une priorité. Touchée par la grande pauvreté à la suite du séisme, la région a vu une corruption massive court-circuiter complètement les canaux financiers officiels, et parallèlement un important développement de l’économie souterraine. De plus, le trafic de drogue s’est étendu à la zone de Bam, proche des frontières poreuses de l’Afghanistan et du Pakistan à la stabilité politique incertaine, et qui forment avec l’Iran le fameux Croissant d’Or. Les réseaux de ce dernier quittent la région par le Golfe Persique et Dubaï, mais inondent aussi massivement le marché iranien, contre lequel Téhéran lutte sans relâche avec plus ou moins de succès. .
Publié à 05:40, le 24/02/2008, dans Bam, Mots clefs :
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