IRAN: au-delà des clichés !

Bains publics

Toute ville iranienne qui se respecte possède plusieurs hammams offrant aux habitants des lieux de détente et de convivialité faisant immanquablement partie du quotidien. Nombre de ses hammams sont aujourd’hui désaffectés mais ce patrimoine est désormais tourné vers une mise en valeur par le tourisme. Ci-dessus, un hammam du bazar-e-Vakil reconverti en maison de thé (tchaékhaneh).

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En haut et en bas : le hammam Ganj Ali Khan quant à lui, a trouvé une nouvelle vocation en servant désormais de musée retraçant les coutumes orientales des bains publics, divisés ici en plusieurs sections selon les corporations. Son porche d’entrée et ses murs intérieurs sont parés de délicates fresques et faïences naïves.

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Publié à 04:45, le 27/02/2008, dans Kerman,
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Dômes du Désert

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Les silhouettes arrondies s’élevant un peu partout au-dessus des terres desséchées sont une particularité indissociable du paysage iranien. A Kerman comme ailleurs, les gonbad (« dômes ») s’élancent ainsi fièrement vers l’azur pour mieux surprendre le voyageur de passage. Le Seh Gonbad (« les trois dômes ») de la Place Shohada (ci-dessus) est un mausolée qui se distingue ainsi par la singulière dominance turquoise de ses tons.

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Les glacières (ci-dessus) sont une autre curiosité des régions désertiques. Elles permettaient le stockage de nourriture ou de récoltes d’une saison ou d’une année sur l’autre, jusqu’avant le développement des techniques de réfrigération et bien sûr de communication du début du XX° siècle. A l’est de la ville, au pied des montagnes, le Gonbad-e-Jabaliye (ci-dessous) étonne encore les scientifiques qui, originellement, y voient pour la plupart un temple du feu sassanide. La coupole proprement dite date des Seldjoukides.

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Publié à 04:38, le 27/02/2008, dans Kerman,
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Jameh

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A Kerman comme ailleurs en Iran, la mosquée Jameh (ou mosquée du vendredi ; venant de la racine arabe désignant le rassemblement) est un autre lieu incontournable. Son importance est toute particulière car si toutes les villes iraniennes abritent plusieurs mosquées, la mosquée du vendredi est le point de rendez-vous de nombreux habitants pour la prière de midi ce même jour. Ces prêches sont le plus souvent dirigés non par de imams basiques, mais par des clercs religieux pouvant être dans certaines villes ayatollahs. Très schématiquement, on pourrait la comparer aux cathédrales du monde catholique, où les sermons sont prononcés par des évêques.

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A Kerman, la mosquée Jameh se situe à l’extrémité est du Bazar-e-Vakil, et donne sur la Place Shohada. Son portail est classique des grandes villes du désert, reprenant un plan similaire a celui de la mosquée de Yazd, sans les minarets mais avec un maazaneh sur le sommet. A l’intérieur, l’iwan sud, sa décoration et son mirhab sont à voir.

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Publié à 04:32, le 27/02/2008, dans Kerman,
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Un Tour au Cœur

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Isolée par un relief très accidenté à l’ouest et au sud, et par un désert au nord-est, la province du Kerman fut pendant longtemps un potentat local vivant du commerce des tapis et des dattes entretenu avec les Indes et le Golfe Persique. Sa position géographique ne facilita donc pas son intégration à une Perse pleinement unifiée, et le pouvoir central, où qu’il se trouve au gré des époques, eut toujours du mal à imposer son autorité. 

Probablement fondée par les Sassanides, la ville de Kerman regroupe aujourd’hui près de 600 000 habitants. Sa position stratégique sur les routes caravanières en fit un objet de convoitise pour les Arabes, les Mongols et jusqu’aux Afghans au XVIII° siècle, qui ravagèrent la région. Agacés par cette cité indocile au pouvoir téhéranie, les Qadjars commirent des atrocités à Kerman. Cette dernière fut toujours il est vrai, un relatif havre de tolérance pour les minorités tels les zoroastriens ou les chi’ites ismaéliens, dont le premier Agha Khan au XIX° siècle, originaire de la ville, souhaitait faire du Kerman un royaume ismaélien indépendant. Encore aujourd’hui, la ville bénéficie d’une certaine tolérance de la part du pouvoir central, mais son isolement d’avec ce dernier, couplé à la proximité avec l’Afghanistan et le Pakistan, en fait une ville-relais pour le trafic de stupéfiants venu de l’est, et reste affectée par une corruption rampante.

 

Le mystique soufi Shah Nematollah Vali aurait vu en Kerman « le cœur du Monde ».  De nos jours, on peut constater que cette phrase est probablement exagérée mais le caractère si spécial de cette cité du désert, encerclée par de hautes montagnes, et peuplée de gens affables que les rigueurs de leur existence ont changé en bien sympathiques compagnons, donne au voyageur la possibilité d’effectuer un expérience fascinante dans l’une des plus grandes et des plus sèches régions d’Iran. Se promener au cœur du monde, du bazar aux jardins nichés au pied des montagnes, est un moment inoubliable…



Publié à 05:46, le 25/02/2008, dans Kerman,
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