IRAN: au-delà des clichés ! | |
De bas en hauts
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Kermanshah est aujourd’hui la dernière ville-étape iranienne sur la route du pèlerinage chi’ite en Irak. Les Sassanides qui aimaient s’investir dans la pierre, s’inspirant en cela de leurs prédécesseurs Achéménides, se devaient de marquer le voyageur de la grandeur de leur civilisation et de leurs victoires. Le site de Taq-e-Bostan à l’est de la ville séduit par la prouesse autant que par la finesse du travail accompli. Au pied de la montagne, deux grottes (taq signifie « cavité » en Persan) taillées dans le roc abritent des bas- et hauts-reliefs représentant batailles et couronnements divins. Le cheval sassanide et son cavalier en haut-relief semblent, malgré leur dégradation relative (photo ci-dessous), prêts à bondir hors de la roche et à rejoindre le champ de bataille ! A noter dans cette même grotte, un bas-relief mal inspiré de la période Qadjar au XIX° siècle, symbole de temps où des souverains falots tentaient vainement de recouvrer le prestige de ceux qui les avaient précédés. L’humidité de la roche l’a de plus bien enlaidi ! Enfin, le moyen-relief (je devine la question… ce qui décide la classification est l’épaisseur du relief) de l’extérieur (photo ci-dessus) est un document classique de propagande à l’époque des Sassanides sous Ardeshir II. Celui-ci est effectivement représenté dans une scène de couronnement où il piétine son ennemi ; à savoir un Romain… Inutile de préciser que les Romains ont eux représenté l’inverse de leur côté… Le dernier détail amusant du site est l’escalier creusé dans la roche, censé mener aux cieux. La montée des marches… Voilà peut-être la seule chose qu’Ardeshir n’ait pas pu s’offrir !
Publié à 04:25, le 17/06/2008, dans Kermanshah (région de), Mots clefs : Pour qui lira ces lignes …
Dans l’esprit des anciens Perses nous l’avons vu, le symbole de la montagne fascine. Elle fait le lien entre la Terre des Hommes et le Ciel des Dieux. Aussi, lorsqu’il s’agit de montrer sa puissance chez les Achéménides, il faut se montrer proche du divin, le tutoyer. Si se rendre dans le ciel autrement qu’après le trépas n’était pas possible à l’époque de Darius II, dit le Grand, passer par un intermédiaire de pierre était la voie privilégiée. A une cinquantaine de mètres au-dessus de la vallée reliant Hamadan à Kermanshah, un bas-relief taillé dans la montagne se destine ainsi à honorer Ahura Mazda, en lui montrant ce que les Hommes font de victoires en son nom. La scène est accompagnée de trois textes identiques en cunéiforme, sumérien et élamite. Il n’y eut guère qu’un officier anglais au XIX° siècle pour chercher à percer les secrets d’un Darius contemplant inlassablement le passage de conquérants, simples voyageurs ou pèlerins depuis 2500 ans, dans un site que les autochtones rendaient sacré après des générations d’oubli sur sa signification… Le bas-relief de Bishapur permit de faire un pas important vers la transcription de l’écriture cunéiforme. Mais n’essayez pas de faire comme les archéologues : la paroi est inaccessible aux visiteurs ! En contrebas, vous distinguerez des témoignages laissés par des Parthes et Sassanides moins « casse-cous » que leurs prédécesseurs. A noter ainsi la représentation d’un Hercule couché et accompagné de sa célèbre massue, renvoyant aux temps d’une Perse hellénisée... Publié à 02:11, le 14/06/2008, dans Kermanshah (région de), Mots clefs :
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