IRAN: au-delà des clichés ! | |
Quand le mausolée fait le gros dôme
En fondant sur la Perse au XIII° siècle, les hordes mongoles bouleversent le cours de l’Histoire du pays. Ce n’est bien sûr pas la première fois que l’Iran subit les coups de boutoir de ses voisins. Toutefois, la violence de l’invasion des peuples venus d’Asie Centrale et de Chine aura raison de plusieurs joyaux de la culture asiatique, tel Samarkand (actuel Ouzbékistan) ou Merv (actuel Turkménistan) qui furent impitoyablement rasées en punition de leur résistance. En Iran, les descendants de Gengis Khan s’établirent durablement, en absorbant lentement la culture de leurs « hôtes ». Ainsi la dynastie ilkhanide adopta le chi’isme. Installée au creux d'une vallée au sud de l’Alborz, Soltanieh fut l’un de leurs grands centres politiques. Difficile de croire aujourd’hui que cette petite bourgade située à environ 5 kilomètres au sud de la route allant de Téhéran à Tabriz, et au-delà vers le Sud-Caucase, fut même une capitale éphémère, faussement promise à devenir le plus grand lieu saint religieux des partisans d’Ali...
.
.
Visible à des kilomètres à la ronde, le gonbad (« dôme » en Farsi) du mausolée d’Oljaïtu Khodabendeh était censé initialement abriter lors de sa construction la dépouille de l’Imam Ali, premier de la lignée à la suite du prophète. L’hostilité des habitants de Kerbala face à ce fumeux projet de déplacement de sanctuaire eut raison de la folie des grandeurs de ce prince ilkhanide qui décida de s’attribuer ce fameux mausolée. En dépit de n’être en aucune façon un lieu saint, ce bâtiment colossal n’est tout de même rien de moins que le dôme en briques le plus élevé au monde (près de 50 mètres). Classé à l’UNESCO, il est depuis plusieurs années l’objet de restaurations importantes visant notamment à redonner son revêtement de faïence azurée à la coupole, tout en rajeunissant l’intérieur (d’ailleurs occupé par une forêt d’échafaudages qui n’enlève toutefois rien aux dimensions surprenantes du monument). A noter la terrasse panoramique au deuxième étage avec ses plafonds magnifiquement décorés (photo ci-dessus).
.
.
Pour se rendre à Soltanieh, étape obligée par Zanjan, 30 kilomètres plus à l’est, où vous trouverez assez facilement des savaris pour vous déplacer. Cette dernière ville ne présente que peu d’intérêt en dépit d’un bazar intéressant et d’un ancien lavoir public reconverti en musée, mais peut servir de point de chute afin de rayonner dans la région. A Soltanieh également, n’hésitez pas à voir le monastère derviche Khanegah, dont la restauration devrait aboutir à l’ouverture d’un hôtel, ainsi que le tombeau de Mollah Hassan Kashi au sud de la ville (photo ci-dessous). Les deux bâtiments sont visibles depuis la terrasse panoramique du mausolée d’Oljaïtu.
.
Publié à 10:50, le 22/12/2007, dans Soltanieh, Mots clefs :
|
Qui suis-je ?Qui suis-je ? Archives Amis Album photos LiensL'Iran vu du QuaiPatrimoine Mondial Site de l'IFRI Le Routard en Iran Tehran Times Livres sur l'Iran Iranistan : le quotidien à Téhéran Itinéraires...AbyanehArdabil Azerbaïdjan iranien Bam Bishapur Firuz Abad Hamadan Hormozgan Ispahan Kashan Kerman Kermanshah (région de) Khouzestan Mahan Mashhad et le Khorassan Mer Caspienne Mont Damavand et Alborz Natanz Pasargades Persépolis Qazvin Qom Rayen Shiraz Soltanieh Tabriz Téhéran Yazd Derniers articlesVous avez dit Iran?..Bon voyage... Le Lion Au coeur... Portraits esfahanis (5/5) Informations
Autres destinations...YEMENOMAN |