IRAN: au-delà des clichés !

Bleu Mosquée

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A l’est de la ville (la mosquée se situe près du musée archéologique et de l’imposant bloc de briques qui constitue l’unique vestige de la citadelle de la ville, au sud du bazar), la Mosquée Bleue est le témoin le plus évident de la splendeur passée de Tabriz. Erigée sous Jahan Shah, roi de la tribu turkmène dite des « Moutons-Noirs » aux XIV° siècle, la masjed-e-Kabud a néanmoins beaucoup souffert des tremblements de terre dévastateurs du XVIII°. Ainsi, elle fut quasi-intégralement détruite par celui de 1773 duquel seul le remarquable portail nord a réellement réchappé (photo ci-dessus). Laissée en ruines jusqu’aux années 1950, la mosquée bénéficia d’une reconstruction par l’utilisation de la brique, mais il fut décidé de ne pas restaurer complètement les superbes faïences qui faisaient la renommée de l’édifice. A la place, les restaurateurs se sont contentés à certains endroits de peindre sur un nouveau support de plâtre les motifs disparus avec un effet plutôt original.

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Publié à 04:28, le 12/03/2008, dans Tabriz,
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Ephémère

 

 

Situé à la croisée d’importantes routes commerciales entre les mondes méditerranéen, centrasiatique et indien depuis des siècles, Tabriz est aujourd’hui la ville la plus « azérie » d’Iran. Traditionnellement tournée vers le cosmopolitisme (il s’y trouve des kurdes mais aussi des arméniens et bien sûr des turcs) et favorisée par sa situation géographique (Tabriz se trouve au nord d’une vaste plaine marécageuse dans une zone entourée de reliefs très accidentés), la cité a pu attirer les négociants de toutes sortes et de nombreux artisans qui firent sa prospérité et sa renommée de centre majeur de l’art musulman. Probablement fondé sous les Sassanides, Tabriz fut également un centre politique de premier ordre sous l’impulsion des Mongols et resta jusqu’aux Safavides la capitale de l’Empire iranien. Mais au XVII° siècle, sa proximité avec l’ennemi ottoman lui coûta son statut officiel qui échut d’abord à Qazvin, puis à Ispahan. Devenu un enjeu entre les deux puissances musulmanes, auxquelles viennent s’ajouter rapidement les russes, Tabriz décline, et les terribles épidémies ainsi que les tremblements de terre meurtriers du XVIII° plongeront la ville dans une certaine léthargie. Au XX° siècle, le climat plus tolérant et libéral de la ville que n’importe où en Iran, agaça maintes fois le pouvoir téhérani. En 1906 et en 1979, la ville fut par exemple aux avant-postes des Révolutions dites respectivement constitutionnelle et islamique. En 1946, les turcophones soutenus en premier lieu par les soviétiques, qui occupent alors la région, font sécession en créant l’éphémère République iranienne d’Azerbaïdjan qui fut violemment réprimée par le Shah. Aujourd’hui quatrième ville de la République Islamique en terme de population, Tabriz est une cité industrielle immense dont l’originalité et les charmes perdus peuvent toutefois être encore perceptibles…

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Publié à 04:22, le 12/03/2008, dans Tabriz,
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